Checklist visite BienCheck
La checklist de visite immobilière, point par point
Rédigé par Mathieu Delranc
Fondateur de BienCheck · Voir le profil auteur
Une visite, c'est 30 à 45 minutes pour décider d'engager 200 000 à 600 000 euros. Trop court pour tout voir si on n'a pas une trame en tête. Trop long si on regarde au hasard la cuisine et la vue. Cette checklist, c'est ce qu'on regarderait nous, dans l'ordre, sans rien oublier.
Imprimez-la, prenez-la en visite, cochez au fur et à mesure. Elle marche pour un appartement comme pour une maison, en vide comme en meublé. À la fin, vous saurez si le bien mérite une offre, à quel prix, et avec quels arguments le défendre.
Avant la visite, ce qu'on prépare
Une bonne visite se prépare. On arrive lucide, pas en touriste. Quinze minutes de préparation valent plus que trois visites bâclées.
- Le prix au m² du quartier. Regardez les ventes récentes sur DVF. Vous saurez tout de suite si l'annonce est dans le marché ou 10 % au-dessus.
- Le DPE et les diagnostics. Demandez-les avant la visite. Une étiquette F change toute la stratégie de prix.
- Géorisques à l'adresse. Inondation, RGA argiles, sismicité, radon, sites industriels. Gratuit, 30 secondes, et ça peut tuer le projet.
- Le PLU et les projets urbains. Un immeuble qui sort devant votre balcon dans deux ans, c'est public. Vérifiez en mairie.
- Le matériel à emporter. Mètre laser, lampe torche, prise multi-test à 10 €, niveau (appli smartphone), et la checklist imprimée.
L'extérieur et l'immeuble
Tout commence avant d'entrer dans le bien. La rue, la façade, le hall, la cage d'escalier en disent plus long que ce que l'agent vous racontera dedans.
- La façade. Fissures verticales, traces noires, enduit qui cloque, balcons rouillés. Un ravalement, c'est 80 à 200 € le m² à votre charge en quote-part.
- Le hall et les communs. Boîtes aux lettres taguées, peinture qui s'écaille, ascenseur en panne ou à l'arrêt. Reflet direct de la santé de la copro.
- La cage d'escalier. Odeur d'humidité, traces d'infiltration au plafond, marches usées. Travaux de réfection coûteux à prévoir.
- Le local poubelles et vélos. Sale, débordant, fermé à clé ou non. Petit détail, grand signal sur la gestion.
- Le voisinage immédiat. Bar, école, gare, rocade à moins de 100 m. Repassez de nuit pour vérifier le vrai bruit.
- Le stationnement. Possible dans la rue, payant, zone bleue, ou place attribuée. Ça change le quotidien et la revente.
L'intérieur, pièce par pièce
On entre, on ne s'extasie pas. On observe. Allumez toutes les lumières, ouvrez toutes les fenêtres, toutes les portes, tous les placards. Si l'agent vous presse, c'est suspect.
- L'entrée. Porte palière blindée ou non, joints en bon état, isolation phonique du palier. Première barrière contre le bruit et les intrusions.
- Le séjour. Exposition réelle, vis-à-vis, hauteur sous plafond, état du sol, des murs, des plinthes. Vérifiez la planéité du sol avec une bille.
- La cuisine. Équipée ou non, état des meubles, hotte qui fonctionne, prise pour gros électroménager, raccordement gaz ou tout électrique.
- Les chambres. Surface réelle (Carrez), placards, double vitrage, exposition. Une chambre nord sans rangement perd 5 à 10 % de valeur.
- La salle de bains. Joints noircis, carrelage qui sonne creux, ventilation, robinetterie, chauffe-eau récent ou à remplacer.
- Les WC. Séparés ou non, mécanisme silencieux, état du sol autour de la cuvette (fuite ancienne).
- Les rangements. Cave, parking, balcon, terrasse, grenier. Surfaces annexes qui jouent sur la valeur et la qualité de vie.
Humidité, les signaux à repérer
L'humidité, c'est le piège numéro 1. Invisible quand on visite vite, ruineux quand on s'installe. Voilà les signaux qui ne mentent pas.
- Odeur de renfermé. Surtout dans une pièce fermée, un placard, près d'une fenêtre. Peinture qui sent la cave, fuite ancienne ou ventilation absente.
- Taches au plafond. Auréoles jaunâtres, surtout en angle. Infiltration depuis la toiture, le balcon du dessus ou une fuite de salle de bains voisine.
- Cloques de peinture. En bas des murs, près des plinthes ou autour des fenêtres. Remontées capillaires ou condensation chronique.
- Plinthes décollées ou parquet gondolé. Près d'une fenêtre ou d'une SDB. Eau qui s'infiltre régulièrement, traitement coûteux.
- Joints noirs dans la SDB. Pas forcément grave en surface, mais souvent symptôme d'une ventilation absente. À traiter sinon la moisissure revient.
- Murs froids au toucher. Sensation glaciale dans une chambre exposée nord, c'est un défaut d'isolation. Pull obligatoire l'hiver.
Électricité, plomberie, chauffage
Trois postes qui peuvent ajouter 10 à 30 000 € à votre budget si tout est à refaire. Et personne ne vous prévient avant la signature.
- Le tableau électrique. Disjoncteurs modernes ou fusibles en porcelaine ? Différentiel 30 mA présent ? Sans ça, c'est une mise aux normes à 2 500 à 5 000 €.
- Les prises et interrupteurs. Vissés, en bon état, mis à la terre. Testez avec une prise multi-test, ça coûte 10 € et ça révèle les défauts.
- Les canalisations. Cuivre récent, PER ou plomb ? Le plomb impose un remplacement. Visible sous l'évier et près du compteur d'eau.
- Le compteur d'eau. Individuel ou collectif. Collectif signifie eau dans les charges, factures qui peuvent doubler en été.
- Le chauffage. Individuel gaz, électrique, pompe à chaleur, collectif fioul. Demandez la facture annuelle réelle du vendeur, pas l'estimation du DPE.
- La VMC ou ventilation. Présente, fonctionnelle, nettoyée ? Une VMC HS, c'est de la condensation et de la moisissure garantie en 6 mois.
- Le ballon d'eau chaude. Date de mise en service visible sur l'étiquette. Au-delà de 12 ans, prévoyez 800 à 1 500 € de remplacement.
Voisinage, bruit, nuisances
Le bruit ne se voit pas sur les photos, et l'agent visite toujours à l'heure la plus calme. À vous de revenir au mauvais moment.
- Repasser le soir. 20h-22h en semaine, un vendredi de préférence. Bars, restos, trafic, fêtes. Vous saurez si vous dormirez.
- Repasser le week-end. Marché, brocante, manifestations, terrasse de café juste sous votre fenêtre. Réalité du quartier.
- Écouter à travers les murs. Demandez le silence 30 secondes pendant la visite. Vous entendrez l'ascenseur, le voisin du dessus, la circulation.
- Les voisins du dessus. Parquet sans sous-couche, talons à 7h du matin, enfants en bas âge. Demandez à l'agent qui habite au-dessus.
- L'historique des conflits. Présent dans les PV d'AG. Procédures, voisin difficile, copro divisée. Le syndic sait tout.
- Les nuisances industrielles. Usine, antenne relais, ligne haute tension dans un rayon de 300 m. Géorisques liste les sites SEVESO.
Les documents à demander sur place
Ne partez jamais d'une visite sans avoir au moins demandé ces documents. S'ils refusent ou éludent, c'est déjà une alerte.
- Le DPE complet. Pas seulement l'étiquette, mais la fiche technique avec les hypothèses et les recommandations de travaux.
- Les diagnostics obligatoires. Amiante, plomb, électricité (si bien de plus de 15 ans), gaz, termites, ERP. Tous gratuits côté acheteur.
- Les trois derniers PV d'AG. Pour un appartement. Travaux votés, climat de la copro, charges impayées.
- Le règlement de copropriété. Pour vérifier les restrictions (animaux, location courte durée, travaux). Et la quote-part exacte.
- L'état daté. À demander avant signature. Montant exact des charges en cours et des appels à venir.
- Les factures de chauffage et d'eau. Sur 2 ou 3 ans. Le DPE est théorique, les factures sont la vraie photo.
- L'avis de taxe foncière. Pour calibrer votre budget annuel. Varie du simple au triple selon la commune.
Les 15 questions à poser à l'agent
Posez-les calmement, prenez des notes. L'agent travaille pour le vendeur, mais s'il ment ouvertement après la signature, vous avez un recours en vices cachés. Donc il préfère botter en touche que mentir.
- Depuis quand le bien est-il en vente, et y a-t-il eu des baisses de prix ?
- Pourquoi le vendeur vend, et dans quel délai veut-il signer ?
- Combien d'offres ont déjà été faites, et à quel prix ?
- Quels sont les défauts connus du bien, écrits dans le dossier ?
- Des travaux ont-ils été votés en AG mais pas encore appelés ?
- Quel est le montant exact des charges trimestrielles, hors chauffage individuel ?
- L'immeuble a-t-il un fonds travaux, et de quel montant ?
- Y a-t-il des charges impayées par d'autres copropriétaires ?
- Le syndic est-il professionnel ou bénévole, et depuis quand ?
- Connaissez-vous des projets d'urbanisme prévus à proximité ?
- Quelles sont les vraies factures de chauffage et d'eau ?
- L'électricité a-t-elle été refaite, et si oui, par qui et quand ?
- L'étanchéité du balcon ou de la toiture a-t-elle été refaite récemment ?
- Y a-t-il des servitudes ou contraintes particulières au lot ?
- À quel prix le vendeur descendrait-il, sincèrement ?
Les erreurs qui coûtent cher en visite
On les voit tous les jours dans les rapports BienCheck. Une visite ratée, c'est entre 5 000 et 50 000 € de mauvaise surprise après la signature.
- 1
Visiter à la lumière du jour seulement
Vous ne saurez jamais comment c'est le soir, le bruit, la lumière artificielle, l'ambiance de la rue. Revenez de nuit.
- 2
Se laisser presser par l'agent
Si on vous bouscule, prenez un rendez-vous plus long ou repassez seul. Quarante minutes minimum pour une vraie visite.
- 3
Oublier de regarder en haut
Plafonds, angles, naissance des murs. C'est là que se cachent les traces d'infiltration.
- 4
Ne pas tester les robinets
Pression de l'eau, eau chaude qui arrive vite ou non, écoulement correct. Trente secondes, ça révèle beaucoup.
- 5
Ne pas ouvrir les placards
Odeur de cave, taches, humidité résiduelle. Un placard fermé depuis des semaines parle.
- 6
Confondre déco et qualité
Une peinture fraîche cache une fuite récente. Un parquet neuf cache parfois un plancher pourri.
- 7
Visiter seul sans grille de lecture
On retient ce qui plaît, on oublie ce qui dérange. Une checklist écrite vous force à tout noter.
- 8
Ignorer les communs
Hall, ascenseur, escalier, local vélos. Si c'est sale, la copro est mal gérée, et ça finira par coûter.
- 9
Croire le DPE sur parole
Le DPE est une projection théorique. Les vraies factures du vendeur disent la vérité.
- 10
Partir sans prendre de photos
Vous oublierez les détails. Photographiez chaque pièce, le tableau électrique, les défauts, la chaudière.
- 11
Ne pas calculer le coût total
Prix + frais de notaire + travaux + taxe foncière + charges. Le vrai chèque mensuel est souvent 20 % au-dessus du prêt.
- 12
Faire une offre sans deuxième visite
Un coup de cœur, c'est normal. Mais revoir le bien à froid, c'est obligatoire avant de signer.
Ce qu'une visite ratée peut coûter
Quelques exemples vus dans nos rapports. Des défauts repérables en 5 minutes de visite attentive, qui coûtent ensuite des milliers d'euros.
| Défaut | Coût après signature | Repérable en visite ? |
|---|---|---|
| Tableau électrique ancien | 2 500 à 5 000 € | Oui, en ouvrant le coffret 10 secondes. |
| VMC HS | 600 à 1 500 € | Oui, mettre la main devant la bouche d'extraction. |
| Ballon eau chaude en fin de vie | 800 à 1 500 € | Oui, lire l'étiquette de mise en service. |
| Fenêtres simple vitrage | 600 à 1 200 € par fenêtre | Oui, toucher la vitre, écouter le bruit du dehors. |
| Infiltration toiture cachée | 5 000 à 30 000 € | Partiellement, traces aux plafonds des derniers étages. |
| Étanchéité balcon HS | 3 000 à 10 000 € | Oui, regarder sous le carrelage du balcon. |
| Travaux votés en AG non appelés | 1 000 à 20 000 € | Non, mais lisibles dans les PV d'AG. |
| Chauffage collectif fioul vieillissant | Quote-part 3 000 à 15 000 € | Oui, demander la chaufferie et l'année. |
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Comprendre votre DPE
FAQ visite immobilière
Combien de temps doit durer une visite ?+
Quarante-cinq minutes minimum pour une vraie visite, le double si c'est une maison avec extérieur. En dessous, vous ne verrez pas tout.
Combien de visites faut-il avant de signer ?+
Au moins deux, idéalement trois. Une pour découvrir, une pour confirmer à un autre horaire, une avec un proche ou un pro pour lever les derniers doutes.
Faut-il visiter seul ou accompagné ?+
La première visite seul, pour vous faire un avis sans influence. Les suivantes accompagné, pour confronter les regards.
Que regarder en priorité dans un appartement ?+
Humidité, électricité, DPE, vis-à-vis et bruit. Ensuite les charges, les PV d'AG et le fonds travaux.
Que regarder en priorité dans une maison ?+
Toiture, charpente, fondations, terrain (argiles RGA), assainissement. Le reste est plus facile à corriger.
Comment repérer l'humidité sans expert ?+
Odeur, taches au plafond, cloques de peinture en bas des murs, plinthes décollées, parquet gondolé. Cinq signaux qui suffisent en visite.
Peut-on filmer ou photographier ?+
Oui, demandez à l'agent par politesse. Refus systématique, c'est suspect. Filmez le tableau électrique, la chaudière, la VMC, les défauts.
Faut-il un expert avant de signer ?+
Pas obligatoire mais utile sur les biens à plus de 400 000 €, les maisons anciennes ou les biens à rénover. Comptez 400 à 800 € pour un expert indépendant.
Peut-on faire une offre dès la première visite ?+
On le déconseille. Le coup de cœur dure 24 heures et fait signer trop haut. Repassez au moins une fois avant d'écrire une offre.
L'agent doit-il révéler les défauts ?+
Oui, ceux qu'il connaît. Sinon vous avez un recours en dol ou vices cachés. Mais beaucoup minimisent. Faites votre propre check-list.
Que faire si on découvre un défaut entre visite et signature ?+
Renégociez immédiatement par écrit, ou rétractez-vous si vous êtes dans le délai légal de 10 jours après le compromis.
Faut-il visiter sous la pluie ?+
Oui, c'est même idéal. Vous verrez les infiltrations, les écoulements, l'étanchéité des fenêtres et balcons.
Combien de biens visiter avant d'acheter ?+
Six à douze en moyenne. Moins, vous n'avez pas de repère de marché. Plus, vous tournez en rond et vous laissez passer les bonnes occasions.
Comment savoir si le prix est juste ?+
Croisez avec les ventes DVF du quartier, ajustez pour étage, exposition, DPE, état général. Une analyse BienCheck le fait en deux minutes.
Faut-il visiter un bien occupé ou vide ?+
Les deux ont leurs pièges. Occupé, on voit la vraie vie mais la déco distrait. Vide, on voit les défauts mais on imagine mal les volumes.
Glossaire visite
- Loi Carrez
- Loi qui définit la surface privative d'un lot de copropriété, hors murs, cloisons, escaliers, gaines, embrasures. Indiquée sur le compromis.
- DPE
- Diagnostic de performance énergétique, étiquette de A à G, obligatoire dans toute annonce.
- ERP
- État des risques et pollutions, document obligatoire annexé au compromis.
- VMC
- Ventilation mécanique contrôlée, indispensable pour évacuer l'humidité.
- RGA
- Retrait gonflement des argiles, risque de fissures sur les maisons selon la nature du sol.
- État daté
- Document remis par le syndic au notaire, qui détaille les sommes dues par le vendeur à la copropriété.
- PV d'AG
- Procès-verbal d'assemblée générale, qui consigne les décisions et les votes des copropriétaires.
- Fonds travaux
- Réserve financière obligatoire de la copropriété, destinée aux gros travaux à venir.
- Servitude
- Charge imposée à un bien au profit d'un autre, par exemple un droit de passage.
- Dol
- Manœuvre frauduleuse du vendeur ou de l'agent pour cacher un défaut. Annulation possible sous cinq ans.
- Vices cachés
- Défauts non apparents au moment de la vente, qui rendent le bien impropre à son usage. Recours possible sous deux ans.
- Compromis de vente
- Avant-contrat signé entre vendeur et acheteur, qui engage les deux parties sous réserve des clauses suspensives.
Pour aller plus loin
Quelques ressources BienCheck qui prolongent cette checklist.
- Acheter un appartementLe guide pilier pour les appartements, copro, DPE, charges, travaux.
- Acheter une maisonToiture, isolation, RGA, fosse septique, terrain, servitudes.
- Comprendre une copropriétéPV d'AG, fonds travaux, syndic, charges, ce qu'il faut demander.
- Négocier un bien immobilierLes leviers concrets pour faire baisser le prix après la visite.
- Pièges à éviter à l'achatVices cachés, DPE trafiqué, copro qui dérape, compromis bâclé.
- Comprendre le DPEÉtiquette, kWh/m², GES, passoires thermiques, ce que ça change.
- Risques cachés à l'adresseInondation, argiles, sismicité, radon, industriels.
- Le rapport Premium BienCheckLe rapport complet à présenter au vendeur pour négocier.
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